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Les chefs d’œuvre des vins et spiritueux à votre porte
Quatrième Grand Cru Classé de Saint-Julien, Château Beychevelle 1966 incarne la rigueur d'un millésime médocain exigeant. Son nez évolué de cèdre et de tabac blond s'ouvre sur une bouche aux tanins fondus et à la finale persistante. Une référence historique pour les amateurs de vieux Bordeaux.
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Situé à l’entrée de l’appellation Saint-Julien, le Château Beychevelle, par son architecture lui ayant valu le surnom de « Versailles du Médoc », ne laisse personne indifférent. Il fut le fief des Ducs d’Epernon, et notamment du premier d’entre eux, Jean-Louis Nogaret de La Valette, Grand Amiral de France.
La position stratégique du Château en bordure de la Gironde leur aurait permis, selon la légende, de contraindre les bateaux qui remontaient le fleuve à devoir payer un octroi, sorte de droit de péage. Les navires devaient alors baisser leur voile en signe d’allégeance. Beychevelle tire ainsi son nom et son emblème, un navire à proue de griffon, du vieux nom gascon Bêcha Vêla qui signifie « Baisse voile ».
Edifié au XVIIème siècle, reconstruit par le marquis de Brassier en 1757, le Château a été restauré dans sa splendeur originelle à la fin du XXème siècle. Il aura entretemps obtenu le titre de Quatrième Grand Cru Classé au prestigieux classement de 1855, édité pour l’exposition universelle de Paris. La propriété appartient aujourd’hui aux Grands Millésimes de France.
Le vignoble du Château Beychevelle est implanté sur des sols de graves garonnaises profondes, couvrant une surface de 92 hectares de vignes plantées à 56% de Cabernet Sauvignon, 40% de Merlot, 3% de Petit Verdot et 1% de Cabernet franc. Les vins bénéficient d’un élevage de 18 mois en barriques de chêne dont 60% de... Lire la suite
Le millésime 1966 à Bordeaux appartient à cette catégorie de grandes années qui ont su conjuguer un été chaud et sec avec des vendanges tardives récoltées dans des conditions favorables. Pour Château Beychevelle, 4ème Grand Cru Classé de l'appellation Saint-Julien, ce millésime représente aujourd'hui un témoignage rare d'un Médoc parvenu à maturité complète, dont la longévité confirme la solidité de sa structure originelle.
La dégustation
La robe de ce Château Beychevelle 1966 affiche une teinte grenat évoluée, aux reflets tuilés prononcés, révélatrice d'un vieillissement avancé. Le nez, complexe et discret à l'ouverture, dévoile progressivement un registre de sous-bois, de tabac blond, de cuir souple et de fruits noirs confits, avec des nuances de cèdre et de graphite propres aux grands Saint-Julien de cette époque. En bouche, l'attaque est souple, presque fondue, portée par des tanins que six décennies ont largement assouplis. Le cœur de bouche révèle une matière encore présente, aux accents de prune séchée, de réglisse et d'épices douces. La finale, d'une longueur raisonnable, laisse persister des notes de tabac et de vieux bois qui signent un vin arrivé à son terme d'évolution.
Les accords mets et vins
Un vin à ce stade d'évolution appelle des mets qui ne l'écrasent pas. Une volaille rôtie aux herbes, un filet de bœuf en sauce légère ou un gibier à plumes conviendront, en privilégiant des préparations aux saveurs sages qui dialoguent avec les arômes tertiaires du vin. Un fromage affiné à pâte pressée cuite, servi en fin de repas, complétera harmonieusement cette dégustation.
La perspective de garde
Château Beychevelle 1966 a aujourd'hui atteint, voire dépassé, son apogée. La trame tannique, considérablement fondue après près de soixante ans, ne garantit plus une évolution ascendante. Il convient d'ouvrir les bouteilles restantes sans attendre, en les carafant délicatement une trentaine de minutes avant le service pour permettre au vin de s'exprimer pleinement sans risquer une oxydation rapide. Ce millésime mérite d'être apprécié dans les prochaines années, en tenant compte du fait que chaque bouteille peut présenter un état de conservation variable, notamment en format dit "imparfait".
Le millésime dans la vigne
L'année 1966 fut, dans le Médoc, marquée par un printemps correct et un été particulièrement chaud et sec, qui favorisa une bonne maturation des raisins. Les précipitations de septembre, parfois redoutées, restèrent modérées dans la zone de Saint-Julien, permettant des vendanges dans des conditions globalement saines. Le terroir de Château Beychevelle, situé à l'entrée de l'appellation, bénéficia de ses sols graveleux drainants, qui limitèrent l'impact des variations hydriques et assurèrent une maturité régulière des cépages bordelais assemblés.
Le travail au chai
Conformément aux pratiques en vigueur dans le Médoc classé des années 1960, la vinification de Château Beychevelle 1966 reposait sur des cuvaisons longues destinées à extraire la structure tannique caractéristique des grands millésimes de garde. L'élevage fut conduit en fût de chêne, selon les méthodes traditionnelles du château, surnommé le "Versailles du Médoc" pour l'élégance de son architecture. L'assemblage, articulé autour du Cabernet Sauvignon complété par le Merlot, le Petit Verdot et le Cabernet Franc, a façonné un vin dont la structure a soutenu plusieurs décennies d'évolution en bouteille.